Les yeux qui pétillent, la bouche qui pinote

(ou comment une fine équipe de vignerons champenois a dégusté le millésime 2017 des Hospices de Beaune)

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De g. à dr. J-F Vandroux (Anima Vinum), Agnès Paquet, Sébastien Rouillaux, Sylvain Pataille, Raphaël Bérèche, J-Y. Devevey, Ludivine Griveau, Alexandre Chartogne, Pierre Grimaldi (Anima Vinum), Jérôme Galeyrand, Arnaud Ente, Frédéric Savart.

Ils se sont regroupés au pied du bâtiment des Hospices de Beaune. C’était l’un de ces matins de novembre où l’on espère que la présentation sera courte parce que les premiers vents froids s’installent. « Ils », ce sont une petite dizaine de vignerons champenois et bourguignons qui font rêver les papilles des connaisseurs au delà de leurs frontières régionales. Bien au-delà. Les revues les plus en vogues aux quatre coins du monde ne tarissent pas d’éloges sur leurs productions, les dégustateurs vibrent à chaque gorgée et les beaux restaurants s’arrachent leurs bouteilles.

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Au centre Alexandre Chartogne (Champagnes Chartogne-Taillet)

Ce matin là, donc, c’est un drôle d’événement qui a lieu. Une sorte de choc des titans, une sortie de la dream team. Dans le désordre, ce sont Raphaël Bérèche (Champagne), Agnès Paquet (Bourgogne), Frédéric Savart (Champagne), Arnaud Ente (Bourgogne), Alexandre Chartogne (Champagne), Sylvain Pataille (Bourgogne), Jean-Yves Devevey (Bourgogne),  et Jérôme Galeyrand (Bourgogne) qui s’apprêtent à franchir la lourde porte de la cuverie des Hospices. Ils sont venus déguster les vins des Hospices de Beaune aux côtés de Ludivine Griveau, régisseur du domaine des Hospices, deux semaines avant la vente aux enchères.

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Les Hospices de Beaune ? Si, si, ils connaissaient, bien sûr, mais pas d’aussi près. Pas la cuverie, pas les installations énormes prévues pour autant de crus dans un seul domaine. Impressionnant.

Un patrimoine viticole de plus de 500 ans, ça vous assied le plus aguerri des vignerons.

C’est d’ailleurs Alexandre Chartogne (élève d’Anselme Selosse et issu d’une longue lignée de faiseurs de champagnes) le plus impressionné à cet égard : « Je connaissais l’aspect ancien des Hospices de Beaune (et son Hôtel Dieu), guidé par la vie monacale des Bénédictins, le respect d’une tradition qui perdure dans le temps. Par contre je découvre ce versant très actuel de l’institution qui se recentre sur son savoir-faire autour des parcelles et la façon de les traduire d’une certaine manière. » Admiratif.

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A l’heure de la dégustation, les vignerons se penchent avec sérieux sur les crus. « C’est rare de pouvoir déguster une quarantaine d’appellations avec un style de vinification unique : le travail est le même, il est effectué par les mêmes personnes. Aucun vigneron ne pourrait faire cela », commente Alexandre Chartogne. « Quand on voit le nom des familles ou des donateurs qui vont perdurer à travers le temps grâce aux Hospices de Beaune… On se dit que ces bouteilles sont, en fait, de vraies statues vivantes… »

Le laboratoire où se déroule la dégustation est calme, Raphaël Bérèche bûche sur les crus, Jérôme Galeyrand touche un mot à Ludivine Griveau, l’assistante de vinification de Ludivine Griveau goûte de son côté le boulot accompli, Frédéric Savart et Arnaud Ente discutent du millésime, Sylvain Pataille et Agnès Paquet font connaissance avec leurs homologues champenois, Jean-Yves Devevey (lire son blog ici) nous donne un premier aperçu après avoir fait le tour des rouges.

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« Mon impression d’ensemble c’est que le millésime est bien respecté, bien mis en valeur. Le fond de vin est très joli, avec un beau respect du fruit. C’est très constant, très bien maîtrisé. Les vins sont là où ils doivent être : les modestes sont jolis dans leur modestie, les grands sont grands. Il y a une vraie expression des terroirs. » Pour le vigneron de Demigny, c’est une révolution magistrale qui s’opère aux Hospices de Beaune depuis l’arrivée de la première femme régisseur : « C’est ma … hum 32e vente des vins et l’évolution est belle, elle va vraiment dans le bon sens. C’est un pur plaisir, un bonheur, de voir ces terroirs enfin révélés. »

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De son côté, Ludivine Griveau avoue : « Je me suis réconciliée avec les Pommard », à l’unanimité on tombe d’accord. Pour les Champenois aussi, « Le Pommard est un régal… M’enfin, ça manque un peu de gaz, tout cela ! » On ne vous avait pas prévenu, le Champenois est taquin. « Moi j’adore déguster un bon champagne… enfin, dommage qu’il y ait toutes ces bulles… » Et paf. Le Bourguignon ne l’est pas moins. La réponse champenoise est déjà prête : « Non mais… ne rougissez pas, vous faites aussi de très bons crémants… » Et la discussion allant bon train, elle s’enchaîne sur un repas (à l’Auberge du Bord de l’Eau, à Levernois) où l’on se rendit compte du goût et de l’étendue de la culture de la nouvelle génération des faiseurs de champagnes identitaires et nouvelle génération pour les grands vins de Bourgogne ainsi que leurs méthodes de travail. Inspirant.

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