Hospices de Beaune

La valeur-ajoutée d’un vin des Hospices de Beaune selon Anima Vinum

Acheter un Hospices de Beaune 3.0 participatif

En 2005, Anima Vinum accède aux ventes des Hospices de Beaune et dès 2013 en fait un de ses principaux axes de développement. Dix ans plus tard, en 2015, avec 38 pièces achetées, l’escargot se positionne comme 2ème acheteur en volume (1er acheteur artisanal) des fameuses ventes organisées par Christie’s chaque mois de novembre.

L’originalité ? Anima Vinum possède une vision ultra-artisanale de ces vins issus de terroirs exceptionnels et s’appuie sur le grand savoir-faire d’excellents vignerons avec lesquels ils partagent la même philosophie du vin.

Anima Vinum propose en outre un système original de co-achat (un achat entre plusieurs particuliers) des pièces et fait élever le vin par des vignerons artisans experts en la matière. Non seulement l’élevage très long sans intervention œnologique garantit une qualité exemplaire mais en plus très peu de sulfites sont ajoutés, la mise en bouteille est effectuée à la main par gravité, chaque bouteille est soigneusement personnalisée au nom de l’acquéreur, bouchée avec un liège naturel, sélectionné chez des artisans bouchonniers et finalement cirée.

Bref, L’idée est de laisser la nature rester au centre de tout dans le processus du vin, et d’être dans la plus grande maîtrise du détail pour une conservation sans faute et vrai. Il y a donc Hospices de Beaune et … Hospices de Beaune.

Dans le détail …

Une fois achetées, nos cuvées sont ensuite élevées pendant environ deux ans entre les mains expertes de grands artisans du goût :

Les vins rouges sont choyés dans les caves fraîches du domaine L’Eveil des Sens, de Francis Lechauve, vigneron récoltant passionné situé à Meloisey, dans les hautes côtes de Beaune. Pour les blancs, notre amie Agnès Paquet, située à Meloisey elle aussi, met son talent à l’œuvre.

Rompre avec les habitudes

Tout au long de l’année, nous travaillons de concert avec ces vinificateurs d’exception pour faire de nos acquisitions de vrais grands vins fins de terroir comme on aime. Nous misons notamment sur des élevages longs (en moyenne 18 mois) et adaptés : pour l’élevage de nos blancs, nous avons décidé de rompre avec l’habitude « 100% fûts neufs », chère aux Hospices, pour limiter le boisé et favoriser la tension et la fraîcheur. Les vins sont élevés dans de très bons fûts et demi-muids de « 1 vin » pour un résultat à la hauteur de nos exigences d’authenticité et de qualité.

Le meilleur à tous les égards

Pour nous, les vins acquis aux Hospices de Beaune méritent le meilleur à tous niveaux. La démarche de l’Escargot Vigneron comprend aussi le choix des meilleures matières sèches : les bouteilles sont soigneusement mesurées pour trouver celle qui aura les meilleures propriétés de conservation et dont l’élégance rappellera celle du vin qu’elle contient, elles sont cirées, numérotées, bouchées avec du liège naturel produit par un des meilleurs artisans bouchonniers et les étiquettes sont personnalisées avec le nom de l’acquéreur/du co-acheteur. Le tout, présenté dans de très belles caisses bois et pour un vin qui exprime toute la magie des Hospices…

Communauté d’achat

Notre place de 2ème acheteur de la vente aux enchères des Hospices de Beaune (1er acheteur artisanal), nous la devons en grande partie à nos co-acheteurs qui renouvellent tous les ans leur confiance. Chaque année, quelques semaines avant le 3ème weekend de novembre, nous nous rendons plusieurs fois à la cuverie des Hospices des Beaune pour déguster les cuvées du millésime en cours qui seront mises en vente. Jean-François Vandroux et Pierre Grimaldi, les deux associés-gérants, sélectionnent alors rigoureusement les vins qu’ils souhaitent acheter lors de la vente et qu’ils sont prêts à conseiller à leur co-acheteurs. Les résultats sont ensuite communiqués quelques jours avant la vente, accompagnés de fourchettes de prix estimées en fonction des ventes des années précédentes.

Les co-acheteurs : immersion dans l’aventure

Vient ensuite le weekend de la vente aux enchères, où notre escargot fait du coude pendant plusieurs heures pour décrocher les vins qui le font rêver. Les pièces acquises sont reconnues et enlevées de la cuverie des Hospices dans l’hiver pour être choyées dans les caves de nos amis vignerons Agnès Paquet (pour les blancs) et Francis Lechauve (domaine l’Eveil des Sens, pour les vins rouges). Au printemps, un weekend très spécial est organisé spécialement pour que nos co-acheteurs puissent déguster leurs acquisitions encore en élevage. Un moment plein de magie et d’émotions !

Sensation unique à la réception

Ce n’est qu’après en moyenne 18 mois d’élevage que les vins sont mis en bouteille et pour finir, presque 2 ans après leur acquisition, ils arrivent enfin dans les caves de leurs heureux propriétaires. Une attente de longue haleine, certes, mais qui en vaut largement la peine ! Imaginez un peu la sensation lorsque vous ouvrez une bouteille des Hospices, unique, étiquetée à votre nom et vinifiée par des pointures … Vous aussi vous allez baver !


Le challenge de Ludivine

Novembre, pour Ludivine Griveau, régisseuse des Hospices de Beaune, c’est le mois de tous les frissons, car la vente aux enchères des vins mondialement connue a lieu le troisième dimanche de ce mois humide et frisquet sur la côte de Beaune.

Des frissons, des doutes, il y en a pourtant eu avant la mise en cuve cette année. L’épisode de gel du 27 avril 2016 faisait craindre pour la tenue même de l’événement, car les premiers bourgeons avaient été nombreux à être touchés.

La vigne est résiliente cependant et ce qui s’est avéré être la plus grosse catastrophe climatique sur la vigne par le gel depuis 1981 n’a pas remis en cause la récolte et la mise en cuve. Celle-ci s’est même déroulée sous les meilleurs auspices : « Les raisins sont somptueux », affirmait la régisseuse des Hospices de Beaune lors de la conférence de presse du 26 octobre.

Mais l’aventure continue jusqu’au 20 novembre où battra le cœur de Beaune, un peu plus fort que d’habitude. Et au centre de cette vente ultra-médiatique, il y aura une femme, sur qui tous les regards seront rivés.

« De grands vins pour une grande cause », c’est avec ce slogan que Christie’s fait connaître la vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune dans le monde entier et fait exploser les compteurs depuis plusieurs années.

Et s’il est vrai que 80% des parcelles sont classées en Premier et Grand cru – donc déjà très expressives avec des raisins de qualité, il n’empêche que la tâche de vinification du régisseur est au cœur de la réussite des enchères qui seront reversées aux Hospices Civils de Beaune. Un beau challenge.

Plutôt frêle, mais très tonique, enthousiaste, le regard déterminé, Ludivine Griveau a conquis la direction des Hospices qui a cru en elle pour mener à bien le vin sacré que l’institution vend aux enchères chaque année. Sa jeunesse et sa féminité n’ont, une fois n’est pas coutume, pas été une barrière. Car derrière elle, il y a à la fois un vrai charisme et un professionnalisme incontestables.

« J’ai été formée à cette quête éternelle du toujours faire mieux, viser l’excellence. » Ludivine Griveau n’a pas encore quarante ans et elle a déjà signé un millésime record en termes de ventes. Cette année pour elle, c’est celle de la confirmation.

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La vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune en chiffre :

  • 575 pièces à la vente en 2015
  • 11 millions d’euros de vente totalisés en 2015
  • 480 000 euros pour la pièce de charité (2015)
  • 596 pièces à la vente en 2016
  • 2 cuvées absentes (Meursault Goureau et Savigny Premier Cru Arthur Girard)
  • 1 nouvelle cuvée : Corton Grand Cru banc Docteur Peste

Antoine Jacquet : « Mon successeur ne devra pas négliger le domaine viticole »

Nous avions rencontré Antoine Jacquet le 27 septembre dernier et avions prévu de publier cette interview avant la prochaine vente aux enchères des Hospices de Beaune. L’actualité nous a rattrapé et nous publions ce texte aujourd’hui comme un hommage au directeur des Hospices Civils de Beaune (Bourgogne) en poste depuis 28 ans.

Beaunois, songez que, du haut de ces Hospices, près de six siècles vous contemplent.

Au-dessus de l’épaule d’Antoine Jacquet, directeur des actuels Hospices Civils de Beaune, le regard bienveillant de Nicolas Rolin est toujours présent. Il est le fondateur de cet établissement dédié aux pauvres qu’il a souhaité aussi splendide qu’un palais. L’ancien chancelier de Philippe le Bon a richement doté, au XVe siècle, un hôpital et obtenu la création de l’ordre des Sœurs Hospitalières de Beaune qui ont depuis dévoué leur vie au soin des pauvres et des malades.

« Nicolas Rolin a donné le signal de l’excellence pour les pauvres. »

Antoine Jacquet a de l’admiration pour le symbole historique. « Aujourd’hui, les malades ont pris la place des pauvres de l’époque et l’institution perdure », comme un navire invincible frayant sa voie à travers les eaux parfois sombres de l’histoire. « Nous sommes toujours dans la logique de l’histoire de la création des Hospices de Beaune par Nicolas Rolin, forte, grisante, pas toujours facile à partager. »

« Les Hospices existent dans le cœur des Beaunois qui pensent souvent que c’est un patrimoine commun »

Mais au fait, à l’heure de la rationalisation du service public, l’hôpital de Beaune existerait-il toujours sans les bénéfices récoltés lors de la vente aux enchères de la vente annuelle des vins des Hospices de Beaune ? « Difficile à dire, analyse Antoine Jacquet. Mais imaginez plutôt que sans ces fonds, notre hôpital n’aurait sans doute pas de service des urgences, ni ce matériel renouvelé régulièrement, une offre de soins aigus aussi large et par extension ces médecins très pointus si difficiles à attirer dans les établissements de petites villes. Nous avons les moyens de notre indépendance d’investissement et nous continuons à exister entre Dijon et Chalon-sur-Saône. »
Sans vente aux enchères, pas de rénovation (autofinancée) de l’hôpital non plus, cet énorme chantier de 50 millions d’euros mené – fait rare – sans emprunt depuis deux ans par l’établissement public. C’est donc un tout cohérent qui a été rebaptisé en 2015 Hospices Civils de Beaune pour intégrer à la fois la notion d’hôpital public et de patrimoine historique et viticole.

« On ne raconte jamais aussi bien les Hospices qu’en évoquant leur histoire si riche à travers les cinq siècles derniers. »

 

Antoine Jacquet a compris très tôt que si la vente aux enchères devait faire sa promotion dans le monde entier, c’est bien sûr à travers cette extraordinaire histoire d’une institution, dépositaire de prestigieux legs, qui a su résister contre vents et marées aux turbulences de l’histoire. « Jusqu’à aujourd’hui, même en période de crise de la Révolution française à la catastrophe du phylloxéra, les gestionnaires ont toujours tenu à respecter la mémoire des donateurs à travers les siècles, c’est un symbole fort. » Comme un phare dans l’obscurité.
En 2005, Christie’s reprend l’organisation de la vente aux enchères et Antoine Jacquet ne cache pas qu’une des raisons pour lesquelles on a confié au spécialiste anglais des ventes aux enchères, c’est pour son aura mondiale. « Je participe aussi aux actions de promotion, depuis 2010, je vais chaque année en Chine pour la promotion aux côtés de Christie’s. Nous avons une belle histoire à raconter, nous sommes les mieux placés pour le faire. » Pour Antoine Jacquet, les Chinois sont extrêmement sensibles à cela. « L’histoire. C’est comme cela qu’on vend le vin, et non pas le domaine qui est prestigieux. »
« Un Russe m’a dit un jour, lors de la vente aux enchères : ‘’ Je préfère vous enrichir, vous, hôpital, qu’un domaine viticole très prestigieux.’’ Force est de constater que les étrangers achètent pour l’Histoire, la charité, la grande cause. Et de l’autre côté, les locaux achètent des Hospices parce que c’est leur culture locale, leur propre histoire et l’histoire de leurs familles. »


De Beaune à Hong Kong, l’histoire des Hospices est intimement liée à l’humain et ici se côtoient les fiches de paye des guides touristiques, des médecins et des vignerons encadrés par le régisseur du domaine viticole. Une situation très atypique à l’heure où les autres grands établissements hospitaliers ne gèrent pas un patrimoine si actif. Et si la gestion de l’hôpital reste un art compliqué et fastidieux, il se trouve qu’Antoine Jacquet navigue désormais avec aisance avec ses deux autres casquettes sur la tête : « L’hôpital demande une gestion humaine sans commune mesure avec la gestion d’un monument. Après 28 ans ici, l’hôpital ne cesse d’être complexe, je ne passe pas autant de temps dans les vignes que je ne le fais pour l’hôpital, mais pour autant je ne le néglige pas. Je suis une oreille attentive pour le régisseur dont dépend la réussite des cuvées du domaine. »
Antoine Jacquet, 64 ans, devrait bientôt partir à la retraite. Il laissera au futur directeur la responsabilité de ce navire à trois voiles (hôpital public, domaine viticole et monument historique) pour l’instant insubmersible, et dont la notoriété fait la fierté de la région Bourgogne par-delà les frontières depuis plus de cinq siècles.

« Mon successeur, ce qu’il n’a pas le droit de faire à ce patrimoine viticole et historique ? C’est de le négliger. C’est consubstantiel à la réussite de l’institution hospitalière. »